Débat : L’énergie autrement

Posté par tuttiquanti le 2 septembre 2012

Le débat sur l’énergie a été relancé ces derniers jours et le gouvernement réunit les 14 et 15 septembre prochains une grande conférence environnementale. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait enclenché une dynamique mais celle-ci s’était rapidement enrayée par la suite. C’est donc cette fois à la gauche qu’il revient de montrer qu’elle est capable d’engager (enfin) le pays sur la voie d’un développement moins dévastateur pour l’environnement mais aussi pour notre santé…

Mobiliser l’énergie du vent,du soleil, de l’eau, par des techniques simples, efficaces et non polluantes n’est plus un doux rêve d’écologiste. Les énergies renouvelables sont désormais une filière en plein essor en France et dans le monde.

Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), qui ont été à la base de l’explosion de l’activité économique à l’échelle mondiale depuis trois siècles, s’épuisent
inexorablement. Le dérèglement climatique entraîné par leur usage excessif menace la survie de l’espèce humaine. Il existe d’autres défis écologiques
majeurs (eau, biodiversité, pollutions chimiques…), mais le changement indispensable et radical du modèle énergétique sera à n’en pas douter une des
questions clés du XXIe siècle.

La crise économique actuelle est d’ailleurs à bien des égards déjà une crise écologique : c’est la hausse du prix du pétrole et des matières premières qui a précipité en 2008 l’explosion de la bulle immobilière. Et c’est encore la reprise de cette hausse qui a fait replonger l’activité économique dans les pays
développés en 2011. Il n’y aura pas de sortie de crise durable en France et en Europe sans une réduction rapide de la très forte dépendance de nos économies à l’égard des ressources énergétiques fossiles importées.

Quand il est question de cette conversion écologique, le débat se focalise le plus souvent sur les différentes techniques de production d’énergie. Pourtant,
l’essentiel est ailleurs : c’est avant tout du côté de la sobriété et de l’efficacité dans l’usage de l’énergie qu’il faut rechercher les solutions.
C’est d’abord cette démarche qui nous permettra peut-être de continuer, demain, à vivre décemment, voire mieux encore qu’aujourd’hui, malgré les multiples
contraintes que nous impose la crise écologique. Le potentiel de ces économies est énorme dans nos sociétés de gaspillage. Notamment dans un pays comme la France qui, sous l’impact de son programme nucléaire, a fait particulièrement peu d’efforts en la matière depuis trente ans.

Mais du côté de la production d’énergie, les alternatives sont aussi de plus en plus nombreuses, mieux maîtrisées et moins coûteuses. Mobiliser à grande échelle l’énergie du vent, du soleil, de l’eau, du cœur en fusion de la Terre, n’est plus aujourd’hui un doux rêve d’écologiste. Les énergies renouvelables sont une industrie en plein essor qui crée de nombreux emplois, souvent non délocalisables, contribuant à redynamiser les territoires du fait de leur
caractère généralement décentralisé. Impulser ainsi une relation citoyenne et démocratisée à la question de l’énergie représente pour notre pays une
véritable révolution.

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En débat : l’état de la terre

Posté par tuttiquanti le 2 juin 2012

En débat : l'état de la terre dans échanges terre-malade1L’état de la terre

Changement climatique, risques industriels, ressources non renouvelables, biodiversité, sécurité, alimentaire, eau…, Un tour d’horizon des grands enjeux environnementaux est indispensable.

L’état de la Terre ? Pas formidable. A l’accumulation des mauvaises nouvelles malgré quelques éclaircies sur le front de l’environnement – climat, biodiversité, ressources en eau… – s’est ajoutée cette année la catastrophe nucléaire du Japon. Elle révèle à quel point les risques écologiques qui menacent notre existence sont notre oeuvre.

Après Fukushima, deux observations s’imposent. La première, c’est que nous paraissons enfin comprendre que le nucléaire est une industrie où, quelles que soient les précautions prises, un événement catastrophique reste toujours de l’ordre du possible. Ce risque demande donc que la sûreté et la sécurité des centrales ne dépendent pas seulement des avis des experts, aussi indépendants soient-ils, aussi transparentes soient leurs délibérations, mais relèvent de la responsabilité assumée des pouvoirs politiques et d’un débat citoyen informé. Le risque pris doit être pleinement accepté par la société, et cela renvoie donc au débat démocratique.

La seconde, c’est que le système énergétique – et la place qu’y occupe l’atome – est devenu un débat politique central dans un monde qui doit avoir – entre autres contraintes – divisé par deux ses émissions de carbone dans la première moitié de ce siècle pour se donner une chance de contenir le changement climatique dans des limites supportables. Ce débat porte en lui celui, plus large, du contenu et des modalités de la transition vers l’économie durable
En particulier le partage équitable de ses coûts et de ses bénéfices entre riches et pauvres, à l’échelle mondiale comme à celle des territoires.

Avec ou sans nucléaire et indépendamment des solutions énergétiques de remplacement, nous ne pourrons nous dispenser des efforts à  entreprendre – ils sont considérables – pour mener à bien la nécessaire conversion écologique de nos économies. Ce changement est d’autant plus difficile à mettre en oeuvre que la fuite en avant de nos sociétés dans la consommation toujours croissante des ressources nous
empêche d’en penser les lignes.

Généraliser ces transformations réclame un effort de coordination internationale sans précédent. Il y faut une intentionnalité : on ne peut compter sur la pénurie des ressources – elle n’est pas pour demain – pour que s’enclenche à temps ce changement. Peut-on miser sur la volonté politique des Etats ? De l’Europe à la Chine, l’économie durable est loin d’avoir emporté l’adhésion de tous ceux qui nous gouvernent. Pourtant, de plus en plus d’études démontrent qu’ils font un mauvais calcul. Fukushima nous réveillera-t-il ?

Fondée sur les combustibles fossiles, la croissance continue de la demande énergétique mondiale mène la planète à
l’impasse. Diversifier les sources du côté de l’offre, changer les technologies et les comportements individuels du côté de la demande sont les leviers d’une
nécessaire transition énergétique.

L’objectif fixé en décembre 2010 à la conférence de Copenhague de limiter à 2 °C l’augmentation de la température moyenne de la
planète impose entre autres à l’humanité de diviser pratiquement par deux ses émissions de gaz carbonique d’ici à 2050.
Cependant, la demande énergétique mondiale va continuer de croître rapidement et pourrait doubler au cours des quarante prochaines années, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Pour faire face à cette explosion, le développement des énergies  » vertes  » (biocombustibles, cellules photovoltaïques, énergie éolienne, piles à
hydrogène…) apporteront certes leur contribution.

La mobilité durable

Le déplacement des hommes et des marchandises ? Un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Face à une situation qui ne fait qu’empirer, la solution ne peut être purement technique. La mobilité durable ne s’arrête pas à la voiture électrique. C’est d’abord une révolution dans les usages. La mobilité des hommes et des marchandises est au coeur de nos modes de vie contemporains et de l’activité économique.
Elle est, corollairement, à l’origine de 23 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
Dans les pays industrialisés, cette proportion est même plus importante : 26 % en France, par exemple.
Mais au-delà de leur poids, c’est la croissance des émissions de CO2 dues aux transports qui inquiète : + 1 % par an dans les pays industrialisés, de 3 à 5 %
dans les pays émergents.
Agir fortement dans ce secteur est donc indispensable pour lutter contre le changement climatique.

Le grand marché des déchets

Le recyclage des déchets, c’est bon pour le développement durable ? Oui, sauf quand cette activité en plein boom, du fait de la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, s’exporte dans des pays où la santé des salariés et le respect de l’environnement ne pèsent
pas bien lourd.
Quatre milliards de tonnes. C’est le volume de la production mondiale annuelle de déchets, selon les estimations des chercheurs Philippe Chalmin et Catherine Gaillochet
Une production qui se partage entre déchets municipaux (1,9 milliard de tonnes) et déchets industriels (1,7 milliard), le reste correspondant aux déchets
classés dangereux issus de l’industrie et des hôpitaux.
Ces déchets, loin de finir dans les décharges, sont de plus en plus recyclés et recherchés, au fur et à mesure du renchérissement des prix des matières
premières.
Un tiers de la production mondiale de déchets connaîtrait ainsi une seconde vie.

 

 

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Campagne – Le volet éducation

Posté par tuttiquanti le 29 février 2012

Nicolas Sarkozy clive, les critiques claquent
Le discours que Nicolas Sarkozy a consacré à l’éducation, mardi 28 février à Montpellier, suscite de nombreuses réactions. Il faut dire qu’il a fait à cette occasion une proposition qui n’est pas passée inaperçue :  huit heures de plus par semaine pour gagner près de 500 euros de plus par mois.
Est-ce bien raisonnable ? C’est, en substance, ce que demande avec une pointe d’ironie Laurent Fillion sur son blog.
« En ces temps de crise, faut-il vraiment nous proposer une telle augmentation de salaire pour des heures que nous faisons déjà pour la
plupart d’entre nous ?
En effet, à bien y regarder, nous atteignons très facilement ces 26 heures de présence », note celui qui se présente comme un « prof de collège de base ».Oppositions.
Surtout, Laurent Fillion déplore que les professeurs des écoles soient oubliés.
« Ces 500 euros que vous nous promettez, écrit-il, vont accentuer les écarts entre eux et nous alors que leurs conditions de travail vont empirer au vu du nombre de classes supprimées encore en septembre en maternelle et en élémentaire et du fait de la suppression des postes de Rased. »
Il ajoute : « jouer une catégorie d’enseignants contre une autre, jouer les familles contre les enseignants, les enseignants contre les élèves m’a toujours paru
néfaste »
.

« En consacrant une bonne partie de son discours sur l’éducation à monter les familles contre les profs (une hérésie :  chaque enseignant sait
l’importance d’un triangle élève-prof-parent soudé), Sarkozy poursuit sa politique de clivage entamée depuis le début de la campagne »
, écrit-il.Contradictions.

 Sur Le Café pédagogique, François Jarraud constate également que « Nicolas Sarkozy a d’emblée opposé enseignants et familles ». Et pointe les « incohérences » du président-candidat. Nicolas Sarkozy, en effet, « a dressé un tableau très sombre de l’école tout en affirmant que les
évaluations nationales montraient des progrès et en vantant le soutien
scolaire mis en place »
. De la difficulté de « dresser un bilan positif » tout en disant que tout va mal…
« Ces incohérences et ces insuffisances seront-elles détectées par les électeurs ? », demande François Jarraud.

 

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Bilan scolaire du Président. Propos de Pierre Merle.

Posté par tuttiquanti le 10 octobre 2011

Cinq années ne se sont pas encore écoulées depuis l’élection de l’actuel président de la République, mais le bilan de la politique éducative peut déjà être réalisé dans trois domaines essentiels : l’assouplissement de la carte scolaire, la formation des maîtres,
la lutte contre l’échec scolaire.

Sur la feuille de route de Xavier Darcos (ministre de l’éducation de 2007 à 2009) figurait une première grande réforme :
l’assouplissement de la carte scolaire. Celle-ci poursuivait plusieurs objectifs : « donner une nouvelle liberté aux familles » ;
« favoriser l’égalité des chances » ; « améliorer sensiblement la diversité sociale dans les collèges et lycées ».

Le ministère publie régulièrement des « chiffres clés » censés montrer la réussite de la réforme : nombre total de demandes de dérogation, proportion de demandes de boursiers satisfaites… Ces « chiffres clés » sont abondants mais lacunaires, faute d’une information simple et indispensable : quel est le nombre de boursiers bénéficiaires d’une dérogation par rapport aux non-boursiers ?

Des bilans de la réforme d’assouplissement de la carte scolaire se sont progressivement accumulés.
Le premier, réalisé par deux inspecteurs généraux, est négatif : « Dans les établissements les plus convoités, il y a peu d’élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu. »

Un rapport de la Cour des comptes, publié en 2009, parvenait au même résultat.
Sur un total de 254 collèges « ambition réussite », collèges au recrutement le plus populaire, 186 avaient perdu des élèves.
Les parents d’origine aisée et moyenne ont profité de l’assouplissement de la carte scolaire pour retirer leurs enfants de ces établissements.

Enfin, en 2010, une enquête du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), menée auprès de 2 758 chefs d’établissement, a confirmé ces deux premiers rapports.
Elle tend à montrer une mise en concurrence des établissements pour attirer les meilleurs élèves et une perte de mixité sociale
dans les établissements ZEP. Loin de progresser, la mixité sociale a reculé.

Depuis la publication de ces rapports, des recherches universitaires fouillées ont validé ces premières analyses : la mixité sociale des collèges français est en net retrait, en raison d’un double phénomène de prolétarisation des collèges populaires et d’embourgeoisement des collèges huppés. Fracture sociale et fracture scolaire convergent. La ségrégation scolaire augmente et l’école française décroche.

Repenser la formation des maîtres fut un deuxième projet majeur inscrit sur la feuille de route de Xavier Darcos.
La réforme reposait sur un argument recevable : les formations dispensées dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ne préparaient pas suffisamment au métier. Les changements furent nombreux : obligation d’être titulaire d’un master 2 au lieu d’une licence pour devenir professeur ; réduction du nombre d’épreuves aux écrits ; introduction d’un oral sur les manières « d’agir en fonctionnaire de l’Etat de façon éthique et responsable »

La rupture la plus radicale fut la suppression de l’année de stage des professeurs – neuf heures d’enseignement hebdomadaire au lieu de dix-huit -, étape cruciale de formation et d’apprentissage du métier. La mesure, imposée par le projet de limiter le nombre de fonctionnaires, était paradoxale : elle réduisait quasiment à néant la professionnalisation de la formation qu’il s’agissait portant de renforcer

Le résultat de cette nouvelle architecture de la formation fut immédiat : le nombre d’inscrits aux nouvelles formations de professeurs a chuté de 30 % dès la rentrée universitaire 2010. Un certain nombre d’enquêtes et de témoignages ont aussi montré les difficultés inextricables dans lesquelles se débattaient certains jeunes professeurs stagiaires.

Pour colmater les incuries du nouveau dispositif, une toute récente circulaire prévoit, à la fin du mois d’août 2011, des formations accélérées sur la gestion de la classe et autres sujets cruciaux qu’il semble étonnamment possible de maîtriser en quelques demi-journées… Cette politique de la rustine est-elle à la hauteur des problèmes éducatifs auxquels l’école française est confrontée ?

L’avenir n’est guère plus rassurant. Demain, les titulaires d’un master d’enseignement pourront légitimement prendre en charge des classes et satisfaire les demandes des rectorats à la recherche de vacataires de plus en plus nécessaires quand la gestion des personnels titulaires devient de plus en plus serrée. Or ces nouveaux diplômés ont une formation professionnelle succincte. Leurs compétences académiques ne sont également pas comparables à celles des lauréats du capes, notamment dans un domaine sensible : l’orthographe. Les élèves de demain peuvent-ils progresser avec des professeurs moins sélectionnés et moins formés aux exigences spécifiques du métier ?

Une troisième grande politique de l’actuel quinquennat est centrée sur l’éducation prioritaire et les élèves en difficulté scolaire.
Depuis 2007, le gouvernement a multiplié les dispositifs particuliers avec, notamment, dans le cadre de la politique « espoir banlieues », la création des internats d’excellence, censés favoriser « la promotion de l’égalité des chances et de la mixité sociale ».

Le projet consiste à réserver des places d’internat dans de bons établissements à des élèves « motivés », scolarisés dans des établissements des banlieues défavorisées, et n’offrant pas les meilleures conditions de réussite scolaire. Cette mixité sociale a été promue à une dose homéopathique : le nombre d’élèves bénéficiant d’un internat d’excellence n’a pas dépassé 700 en 2008.

Certes, il est prévu, à terme, de créer 20 000 places. Effectif important, qui représenterait toutefois à peine plus de 3 % des élèves scolarisés dans l’éducation prioritaire…

Pour autant qu’un tel projet serait mené à bien, une limite centrale des internats d’excellence tient à ce que ceux-ci aboutissent à proposer aux élèves les plus motivés de quitter leurs établissements populaires sans se préoccuper des conséquences négatives pour la grande masse des élèves restant dans leur établissement d’origine. La réussite éventuelle des élèves bénéficiant des internats d’excellence tient notamment à un « effet de pairs », à la proximité d’élèves de bon niveau scolarisés dans de meilleurs établissements.

La contrepartie du retrait des bons élèves des établissements défavorisés est l’existence d’un effet de pairs négatif pour les autres élèves privés de la présence des élèves motivés scolarisés ailleurs. Les progrès de quelques-uns sont obtenus au détriment du plus grand nombre. Est-ce là une façon de proposer une dynamique espoir banlieues ?

Une politique de même ordre que les internats d’excellence est destinée aux élèves jugés perturbateurs, pour lesquels ont été créés des établissements de réinsertion scolaire (ERS). Cette politique est tout autant problématique. Les élèves scolarisés dans ces établissements spécifiques vont subir un effet de pairs négatif, alors qu’il faudrait rechercher un effet de pairs positif. Celui-ci a été montré par les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) : l’écart de performance entre deux élèves dont le milieu socio-économique est similaire et qui fréquentent un établissement dont le profil socio-économique est moyen pour le premier et privilégié pour le second représente l’équivalent, à l’âge de 15 ans, de plus d’une année d’études ! Les ERS, loin de réinsérer les élèves en difficulté, risquent fort d’accentuer leur marginalisation scolaire…

La réduction des postes d’enseignant, contrairement aux allégations rassurantes, restructure, en profondeur et de façon négative, les conditions de scolarisation des jeunes générations, surtout celles qui connaissent le plus de difficultés scolaires et sociales. Une politique d’égalité des chances peut-elle réussir en donnant moins à ceux qui ont moins ?

Les projets actuels du gouvernement pour lutter contre l’échec scolaire sont-ils plus prometteurs ? La généralisation des évaluations, en fin de CM2 et en fin de 5e, laisse perplexe, quand, parallèlement, certains ténors politiques envisagent le retour d’un examen d’entrée en 6e ou des paliers d’orientation au cours du collège. L’idée avait déjà été défendue par Luc Ferry lorsqu’il était ministre de l’éducation nationale.

Le cap a été fixé et il n’a pas varié. Avec le développement d’établissements aux projets spécifiques – ERS, internats d’excellence, programme Eclair (école, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) -, le ministère poursuit la déconstruction du collège unique, alors même que les pays dont les systèmes éducatifs sont les plus performants, la Finlande en premier, ont opté pour un cursus commun aux élèves de moins de 15 ans. Celui-ci n’est pas seulement favorable à l’égalité des chances, il est aussi le plus efficace !

L’autonomie des établissements est présentée comme la panacée. A écouter certains responsables politiques de l’UMP, les problèmes récurrents de l’éducation seraient résolus si les écoles, collèges et lycées étaient dotés de « patrons » susceptibles de recruter leur équipe.
Cette confiance dans la toute-puissance du chef, véritable pensée magique, étonne. Les recherches nationales et internationales n’ont pas démontré l’existence de liens stables entre autonomie des établissements et performances scolaires. Cette autonomie est même associée à des inégalités plus fortes entre établissements et entre élèves…

Le bilan de la politique éducative de ce quinquennat est problématique dans deux domaines clés. D’abord, celui des moyens financiers qu’il faut inévitablement examiner, tant ils sont significatifs d’une orientation politique. L’éducation des élèves n’a pas été une priorité. Les dépenses engagées par écolier français demeurent par exemple très inférieures à la moyenne de l’OCDE. Cette restriction des dépenses est souvent justifiée par la nécessité de la rigueur budgétaire.

Il s’agit d’une contrevérité. Cette rigueur est à géométrie variable et résulte d’abord d’un choix : le gouvernement a préféré baisser la TVA dans la restauration, réduire les droits de succession et instaurer le bouclier fiscal. Sur le quinquennat, cette politique fiscale a entraîné une perte annuelle de recette d’environ 5 milliards par an. Il aurait fallu supprimer plus de 100 000 emplois publics par an pour combler une telle perte de recette ! Les récents arbitrages fiscaux – la suppression du bouclier fiscal accompagnée d’une baisse sensible des recettes de l’ISF – montrent que l’actuel gouvernement est fidèle à son orientation politique initiale : moindre taxation des ménages les plus fortunés ; réduction des dépenses éducatives.

L’autre domaine clé est celui des choix. Comment expliquer des politiques éducatives – réduction de la formation professionnelle des enseignants, assouplissement de la carte scolaire, multiplication des filières au niveau du collège – qui sont à l’opposé des politiques menées par les pays dont les systèmes éducatifs sont les plus performants ? Si ces politiques ont des effets globaux négatifs indiscutables -le renforcement d’un quart-monde scolaire déqualifié qui échappera difficilement à la précarité professionnelle -, elles font aussi des bénéficiaires : les parents des catégories aisées qui concentrent davantage leur progéniture dans les établissements huppés.
Une politique éducative doit être évaluée à ces résultats. Celle de l’actuel gouvernement, en cohérence avec sa politique fiscale, a été au service des intérêts matériels et symboliques des classes aisées.

Les objectifs affichés à satiété par le gouvernement – égalité des chances, mixité sociale, lutte contre l’illettrisme, aide aux élèves
en difficulté scolaire, priorité à l’éducation… – relèvent de la corruption des mots. Celle-ci n’est pas seulement un mode ordinaire de gouvernement, elle est aussi un obstacle fondamental à la connaissance et au vote éclairé du citoyen.

A propos de l’auteur
Pierre Merle est professeur d’université (IUFM de Bretagne et Université européenne de Bretagne), agrégé de sciences économiques et sociales, expert à l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres), membre de la section sociologie du comité national du CNRS, vice-président du jury de l’agrégation de sciences économiques et sociales.

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Et si votre compétence devenait source de solidarité !

Posté par tuttiquanti le 28 avril 2010

Ce que nous échangeons

Astuces en tout genre
Compétences en bricolage
Compétences dans le suivi scolaire des enfants et adolescents
Compétences en bureautique.

Ce qui a été réalisé
Quelques livres de vie destinés à des cadeaux de départ à la retraite mais aussi pour les 18 ans d’un petit-fils, pour un mariage.
Des accompagnements en voiture pour les départs en vacances
Des montages de dossiers pour obtenir : des aides à domicile, des aides juridiques.

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Pour mieux voir

Posté par tuttiquanti le 13 avril 2010

ÇA MARCHE VRAIMENT 
Ceci est pour toute personne dont la vue n’est plus aussi bonne qu’avant. 


J’ai un ami qui  vient tout juste  de trouver ce petit truc à l’ordi.  J’ai pensé vous le faire parvenir parce que c’est très utile lorsque l’on essaie de lire du courriel dont les lettres sont petites.   

Tout en pressant la clé CTRL, tournez la petite roue qui est au milieu de votre souris.  La grosseur des caractères deviendra plus gros ou plus petit dépendant du sens de la roue.   

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Notre bibliothèque

Posté par tuttiquanti le 12 mars 2010

harmonies
Album : harmonies

5 images
Voir l'album

librarything.fr

Pour pouvoir disposer d’une documentation commune et l’utiliser pour le soutien, l’aide aux devoirs, l’alphabétisation
et pour nos échanges de savoirs.

Ce que nous avons fait

librarything.fr est une plate-forme qui permet de rentrer les références des ouvrages que l’on possède.
Ensuite il est possible d’en faire une critique, de les tagger (indexation libre, mise de mots clés).
Une fois toutes les références entrées, le site ressemble à un catalogue avec les mêmes fonctionnalités.

Il est possible d’y faire des recherches anonymes.
On peut avoir accès aux bibliothèques de tous les inscrits et ainsi partager leurs lectures.
A l’instar des plates(formes de signets, telles que Del.icio.us ; nous voici dans le monde des folksonomies. Les folksonomies sont une des caractéristiques du Web.2.0  Elles consistent à affranchir l’internaute de toute règle pour une indexation par mots clés de ses documents, documents étant ensuite disponibles sur le réseau.

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